EAN13
9782020862615
ISBN
978-2-02-086261-5
Éditeur
Seuil
Date de publication
Collection
L'Ordre philosophique
Nombre de pages
524
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
670 g
Langue
français
Langue d'origine
allemand
Code dewey
193
Fiches UNIMARC
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"Ma chère petite âme"

lettres de Martin Heidegger à sa femme Elfride

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Seuil

L'Ordre philosophique

Indisponible
« Ma chère petite âme », c'est ainsi que très souvent Martin Heidegger commence les lettres qu'il écrit à sa femme Elfride. Ce volume, édité par leur petite-fille Gertrud, contient un septième environ des quelques mille lettres et cartes écrites entre 1915 et 1970 – dont toutes celles conservées entre 33 et 38 – avec de brèves notes factuelles permettant de les situer. Compte tenu du cours des choses en France (« affaire Heidegger »), il se pourrait que nombre de lecteurs entrent dans cette correspondance armés d'une unique question, dans le genre : « voyons s'il y a là-dedans du nazisme et de l'antisémitisme ». Cette entrée s'avèrera décevante. Car la vraie question, tout à fait portée par la vie du couple telle que ces lettres nous la montre, est la suivante : Heidegger est certainement un grand philosophe, qui a été aussi, et en même temps, un nazi très ordinaire. C'est comme ça. Que la philosophie s'en débrouille !Cette correspondance permet d'accompagner de l'intérieur, sur la longue durée, les intérêts de pensée et les sources d'inspiration. Mais la nouveauté la plus éclatante est d'ordre biographique, voire existentiel. Heidegger/Elfride, un couple de l'époque existentialiste ? On est frappé par l'élégance avec laquelle Heidegger accepte le fils adultérin Hermann, dont la brève postface ici même est de l'ordre du coming out. Pour qui, comme Nietzsche, est convaincu qu'en définitive une philosophie est la biographie de son auteur, le portrait de lui-même que Heidegger dessine pour son épouse est clairement déchiffrable comme un éclaircissement des procédures de sa pensée. C'est bien à l'image d'une province catholique allemande et d'un chalet de montagne qu'il faut se représenter l'originel, la patrie, l'accueil ou le lieu. C'est bien à l'image d'Elfride qu'il faut se représenter la sainteté latente de l'autre. Et inversement, on lit dans le recteur excité, l'intriguant des commissions académiques, le mari dont les infidélités incessantes trament la fidélité, quelque chose qui excède absolument leur apparence, qui les noue de façon intime et puissante à une pensée neuve.Traduit de l'allemand par Marie-Ange Maillet.
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