o n l a l u

http://www.onlalu.com/

o n l a l u est un site de critiques et d'informations littéraires animé par une rédaction et ouvert aux internautes.

À toi pour l'éternité
4 juin 2013

Quelle dose d’amour peut-on supporter ?

Tout commence, de manière banale, dans la cohue d’un supermarché. Hannes bouscule Judith et ils échangent quelques mots. Puis elle le retrouve plusieurs fois sur son chemin, et le charme opère. Hannes serait-il l’homme parfait? Il la couvre de compliments, se montre prévenant, généreux, tendre et séduit l’ensemble de son entourage. Mais pourquoi, peu à peu, Judith se sent- elle dévorée par les attentions permanentes de cet amour (trop ?) démonstratif ? Lors d’un voyage à Venise, Hannes franchit un cap et elle décide alors de prendre de la distance et même de le quitter. Jusqu’à présent, Daniel Glattauer nous avait habitués à des romances qui ressemblent à des comédies. Mais bien que la couverture de " A toi pour l'éternité " reprenne les mêmes codes que ses deux précédents succès, « Quand souffle le vent du nord » et « La septième vague », sa nouvelle intrigue a des allures de thriller psychologique. Et on peut penser qu’il s’est inspiré de son métier de chroniqueur judiciaire pour écrire ce roman. Judith devient-elle folle ? Fait- elle une fixette sur Hannes, ou celui-ci est-il un pervers  machiavélique? Impossible de vous déflorer la fin, mais si vous aimez les ambiances à la Nicci French, vous ne serez pas déçus par ce roman, certes plus sombre, mais où l’on retrouve aussi le ton et le sens des dialogues de Daniel Glattauer. Et surtout, vous ne ferez plus jamais vos courses au supermarché de la même façon !

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Une famille, roman
15,90
3 juin 2013

Famille, je vous hais

Une fois le roman de Cléo Le-Tan refermé, on se demande ce qui a bien pu pousser Grasset à le publier? La maison d'édition espérait-elle réussir un coup à la Félicité Herzog? Mais c'est oublier que Félicité Herzog sait écrire, elle. A-t-elle imaginé que ce récit allait provoquer un buzz doublé d'un scandale, parce que les protagonistes (à peine déguisés) sont un peu connus? Il se trouve que quelques jours avant, j'avais relu " Rien ne s'oppose à la nuit " de Delphine de Vigan. Evidemment, c'est cruel et cela n'a pas arrangé les affaires de cette jeune Cléo. Où l'une réussit à transformer une tragédie en œuvre littéraire, l'autre ne parvient qu'à déverser son fiel et sa haine envers sa mère anglaise, Beaule, selon elle écervelée, snobe, égoïste, et intéressée. Est-ce vrai? Impossible de le savoir et cela n'a, au fond, aucune importance. Cléo a-t-elle souffert du désintérêt des ses parents, trop occupés à tenter de donner un sens à leurs vies respectives? Probablement. Tout cela est bien triste, mais le problème, c'est que, de même que l'on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, on n'en fait pas davantage avec des mauvais. Cette litanie de plaintes, qui n'est soutenue par aucun style, devient très vite pénible. Bref, " Une famille " est à éviter. Ce qui reste le plus réussi est la couverture, dessinée par le père, Pierre Le Tan, qui doit quand même être un peu maso pour cautionner ce déballage.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Belle et bête
31 mai 2013

Cochon mon amour

Sans tout ce tintamarre, délibérément organisé, aurions-nous autant entendu parler du livre de Marcella Iacub, " Belle et bête "?

Pas sûr. Car enfin cet essai ne casse pas cinq pattes à un cochon. D'abord, levons toute équivoque: il ne s'agit ni d'un livre de cul, ni d'un texte érotique. Si vous rêvez de passages chauds, de phantasmes étourdissants ou de révélations croustillantes, passez votre chemin. Marcella Iacub, fascinée par DSK, va vivre une aventure avec le sujet de sa fascination. L'a-t-elle séduit pour nourrir son récit ? Sans doute, mais au fond on s'en fiche. Ce qui est certain, c'est que l'auteure est fascinée, possédée par DSK, et plus précisément, par le cochon qui est en lui. C'est sur cela qu'elle écrit. DSK est un homme et un cochon. Une matriochka d'un nouveau genre. On ouvre le bonhomme et à l'intérieur on trouve un cochon. L'homme n'a pour elle aucun intérêt. Le cochon la comble mais l'obsède. Le cochon, elle en parle tout le temps. Cet homme ne l'intéresse que lorsqu'il marche derrière sa queue en tire-bouchon, qu'il ne pense qu'au sexe, qu'il transgresse tout pour se vautrer dans la fange. Au point de détruire son ambition politique et son couple. La vérité de ce livre est dans son titre. En se laissant prendre par ce porc, gouverner par ce porc, la belle devient bête elle-même, dans tous les sens du terme. Cette histoire est donc celle d'une femme qui tombe en bêtise. Cette dimension, d'une femme prise, éprise, habitée par un porc n'est pas sans intérêt. Mais franchement, c'est un peu faible, et pour tout dire souvent ennuyeux.  Inévitablement, on pense à " La Bête " de Borowczyk. Malheureusement, on ne joue pas dans la même cour. Le Nouvel Observateur a fait de " Belle et Bête " sa couverture, sous prétexte qu'il s'agissait d'un chef d'oeuvre. N'exagérons rien. Le jeu des citations est souvent spécieux, mais tout de même je ne résiste pas: " Puis je me suis mise à écrire des lettres au cochon. Un nombre incalculable de lettres que je n'ai jamais envoyées. Je disais " mon amour, mon Tout, mon Trop. Tu es mon Est, mon Ouest, mon Nord et mon Sud, sauve-toi de la brute qui t'emprisonne, fais la révolution, ne m'oublie pas. Mon cochon sans toi je ne suis plus, je ne vaux rien. "  On frise la niaiserie, non?

![copain-cochon](http://www.onlalu.com/site/wp-content/uploads/2013/03/copain- cochon-137x96.jpg)

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Comment voulez-vous que j'oublie..., Madeleine et Léo Ferré 1950-1973

Madeleine et Léo Ferré 1950-1973

Phébus

17,00
30 mai 2013

Paroles et musique de Léo Ferré

Imaginez que vous deviez partager vos parents avec un chimpanzé, qu'ils considèrent comme votre sœur. Une sœur, prénommée Pépée, à laquelle ils passeraient tous les caprices, tant ils la trouvent intelligente et drôle. " Pépée avait pris le pouvoir, elle ne le lâcherait plus. A la maison, tout doucement la folie s'installait... Le malheur était en route ", constate sobrement Annie Butor. La mère d'Annie, Madeleine, rencontra Léo Ferré en 1950 et l'épousa deux ans plus tard. A l'époque, le poète était maudit, le chanteur inconnu, mais l'homme était très amoureux et le beau-père affectueux. La famille Ferré vivait dans la pauvreté, avec l'espoir, ou plutôt la certitude, que le talent de Léo serait enfin reconnu. Annie se souvient d'une vie de bohême, où le quotidien tournait autour des mots et des chansons, destinés aux seuls intimes faute de public. En 1954, Bruno Coquatrix l'invite à l'Olympia, en première partie de Joséphine Baker. Des vedettes commencent à interpréter ses textes et peu à peu, la notoriété, puis la célébrité arrivent. C'est à cette époque que Pépée fait une entrée fracassante dans l'existence de la famille Ferré. Ce récit est un mélange de souvenirs personnels et de belles rencontres, et le générique, éblouissant, des figurants qui traversèrent la vie de Léo Ferré donne le tournis, même si peu d'entre eux trouvèrent grâce aux yeux de cet homme qui avait la haine facile. Le seul " happy end " de cette histoire est qu'Annie Butor a trouvé le courage de remonter le courant de ses souvenirs. " J'essaie de m'arranger avec mes fantômes, et enfin de laisser passer mon passé. " Mais, parfois,  les fantômes restent fort envahissants.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Avec plaisir, François
29 mai 2013

L'amour ne s'explique pas

Marie, jeune prof d’université, tombe raide dingue d’un baroudeur. A peu près à la même époque, son père, le très bourgeois François, lui annonce qu’il est amoureux d’un monsieur.

Tous deux sont donc finalement dans la même situation, et confrontés aux mêmes problèmes. Doit-on vivre selon ce que  la bienséance, les conventions et l’habitude vous dictent ? Ou doit-on vivre selon son amour ? Marie est follement attirée par Milo, le beau mécanicien qui part sur des chantiers au bout du monde, elle aime son corps et sa présence rassurante. Mais leurs différences de classes sociales et de culture provoquent souvent des malentendus, et Marie se doute bien qu’il sera difficile de présenter Milo à ses proches. François a quatre-vingts ans, il vit avec la mère de Marie depuis cinquante ans et tous deux forment un couple solide, aux relations empreintes de respect et de délicatesse. Il ne sait pas non plus comment vivre son amour pour Thomas, mais refuse d’y renoncer.

Un  roman pour la plage ? Sûrement, et ce portrait de jeune femme amoureuse pourrait trouver sa place dans un magazine, par sa forme même. Cela dit pourquoi pas, et Ariane Le Fort construit un texte plutôt réussi, qu’on lit jusqu’au bout avec plaisir. Et l’auteur belge démêle avec subtilité les sentiments de ses personnages, pris dans l’étau d’un jeu social très actuel.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u